Assouan et sa magie

Alors que je faisais mes plans un peu au jour le jour lors de mon voyage en Egypte, je me retrouvais à Assouan où des visites et des rencontres inattendues se sont présentées. Sur ces deux semaines, ce fût la partie de mon voyage la plus intense en rencontres.

Arrivée tardive à l’aéroport avec deux heures de retard. De nouveau, la guerre des taxis et une arrivée à l’hôtel exténuée et affamée. Dans le hall, je rencontre un couple de touristes chinois vivant à Londres. Ils proposent d’aller dîner ensemble dans un petit restaurant qui leur a été recommandé. Une rencontre inattendue et pleine de coïncidences puisque lui est également chef de projet informatique et elle, travaille dans une agence de voyage. Un repas qui tarde suite à de nombreuses conversations, un souk qui s’éteint mais la ville ne dort toujours pas alors que je rejoins ma chambre. Je n’avais pas encore eu la possibilité de faire de grandes rencontres par moi-même depuis mon arrivée en Egypte, c’était donc sur une belle note que commençait ma découverte de la ville d’Assouan.

Carte de l'île éléphantine - Assouan - Trick or Trip
Carte de l’île éléphantine

Jour 1 – La magie de la Nubie

9h du matin, 47°C, une chaleur à laquelle je ne suis habituée. Le Nil qui s’étend le long de la route principale de la ville et le léger vent qui se présente permettent de supporter cette haute température. Je débute ma visite de la ville par le musée de la Nubie à la découverte du peuple nubien puis décide de me rendre sur l’île Eléphantine.
Depuis le centre ville, j’embarque sur un petit bateau à moteur en direction de l’île. Je suis confrontée directement à cette division homme/femme que je comprends et respecte en me plaçant directement à l’avant de l’embarcation. Cela semble étonner le conducteur et la petite fille assise près de moi parlant quelques mots anglais m’explique alors que peu de voyageuses pensent à cette division.

Village sur l'île Eléphantine - Assouan - Trick or Trip
Village sur l’île Eléphantine

Je suis déposée au centre de l’île et me dirige alors vers le temple du Dieu Khnoum. Sur ma route, je découvre de nombreux enfants jouant avec chèvres ou ballons, dans une innocence touchante. Alors que je marche dans les petites ruelles des villages nubiens, j’y découvre des peintures, des maisons aux diverses couleurs et surtout, un calme apaisant, loin du bruit assourdissant des klaxons.
L’île éléphantine, c’est un petit paradis de calme doté d’une énergie positive qui me réchauffe le cœur.
Peu de touristes sont alors dans le temple du Dieu Khnoum où il fait bon découvrir les hiéroglyphes et profiter du vent frais alors que le soleil me brûle la peau. Alors qu’il m’est possible de reprendre un bateau réservé aux voyageurs pour retourner dans le centre ville d’Assouan, je décide de retourner à mon point d’arrivée en passant par l’autre côté de l’île. J’y découvre alors les bateaux de pêche amarrés, des champs de mangues, d’autres cultivés de quelques légumes. Une promenade revigorante et qui m’a apprit de nombreuses choses en regardant et tentant de discuter avec ses habitants.

La chaleur m’éreinte, le vent est désormais très faible. Je rentre alors à l’hôtel pour me rafraîchir puis décide de me flâner au souk. Les couleurs, les odeurs me font m’évader. Comparé à celui du Caire, le souk d’Assouan est bien moins perturbant, on t’interpèle beaucoup moins. Un peu de répit, cela fait du bien.
Je découvre un petit cuistot ambulant vendant une sorte de feuille de brick avec du fromage et des piments. Tellement simple, tellement bon. Je continue ma découverte de la ville de nuit en longeant la promenade et donc Nil. Je croise quelques conducteurs de felouques avec qui j’échange et rencontre Nasser. Le feeling passe entre plusieurs fou rire. Je trouvai la personne avec qui j’allais faire ma balade en felouque sur le Nil au coucher du soleil le lendemain.

Jour 2 – Prêt pour l’improvisation

Réveil très matinal en ce second jour ! Je devais me rendre au temple d’Abu Simbel mais suite à une tempête de sable, annulation. Il est 3h du matin, attente jusqu’à 4h30. Pour aujourd’hui, ce sera mission impossible, nous sommes reportés à la visite du lendemain. Je m’organise pour me rendre dans la journée au temple de Philae puis retour dans les bras de Morphée. Réveil assez tardif avec petit déjeuner sous les étoffes et sur les toits de la ville avant de découvrir le temple d’Isis à Philae. Pour m’y rendre, je déniche un taxi pour plusieurs arrêts. Accès au temple en bateau à moteur rempli de touristes qui hurlent et me donnent déjà la migraine. Trop de foule, je me sens oppressée et ne profite pas réellement de la balade sur l’eau. Arrivée au temple, les gens se dispersent, je débute alors la visite par le sens opposé. Un peu de calme, des hiéroglyphes magnifiquement conservés. Un bijou visuel. Philae, un temple qui m’a bien fait tripper !
Quelques arrêts entre l’obélisque inachevé et le barrage de High Dam puis retour à l’hôtel car j’ai de l’organisation en attente.

Temple de Philae - Trick or Trip
Temple de Philae

Normalement, je devais être dans un bateau pour une mini croisière afin de remonter le Nil vers Luxor avec un embarquement à 9h le lendemain matin. Mais je ne veux pas partir sans avoir visiter le temple d’Abu Simbel. Résultat, je m’arrange à trouver où le bateau est amarré pour la nuit et m’y rends pour parler avec un membre de l’équipage. L’encre ne doit être levée qu’à 14h vu le planning, j’ai encore de l’espoir. Je revois Nasser qui m’amène directement au bon bateau. Oh joie, Oh bonheur ! Le bateau doit attendre d’autres voyageurs et son départ est planifié après l’arrivée du convoi.
Je suis aux anges et croise les doigts pour que le vent ne se manifeste de nouveau aussi fortement. Je vais faire mes quelques achats dans le mini magasin du coin où le vendeur a toujours été honnête dans ses prix, me faisant payer les prix réels et non pas ceux réservés aux touristes. Tout est prêt pour le lendemain.

Felouque sur le Nil - Assouan - Egypte - Trick or Trip
Felouque sur le Nil

Il est 17:30, je rejoins Nasser. Nous levons la voile et partons avec son acolyte sur les flots du Nil à la simple force du vent. Pas de bruit de moteur, juste le vent qui souffle et qui nous couvre de sa fraîcheur. Le soleil commence à se coucher sur le fleuve, les lumières apparaissent sur les berges. Le soleil s’éteint, la ville s’éveille. Je découvre alors de nombreuses choses sur Nasser, sa passion pour sa felouque, les lois en vigueurs sur le transport de passagers, sa vie sur la felouque. Sa felouque, son outil de travail mais aussi sa maison. Il y vit et ne fait qu’un avec son navire. Nous parlons de l’évolution des mentalités à Aswan, la diminution du tourisme dans cette magnifique partie du pays. Les minutes passent, la nuit est tombée, il est temps de retourner à quai.

Alors que nous étions pour nous quitter, il m’invita à se joindre à lui et des amis pour dîner. J’acceptais: Il est tellement bon de partager. Nous nous retrouvions alors à quatre sur la felouque, puis d’autres amis se joignent à nous peu à peu. L’un d’entre eux, 15 ans, travaille en tant que conducteur de bateau à moteur pour touristes depuis qu’il a 9 ans. 5 jours par semaine sur le bateau et 2 jours à l’école. Il ne veut pas de cette vie pour toujours et étudie autant qu’il le peut. Son argent, il le donne à 90% à sa famille, le reste, il l’investit dans ses études. Une force de caractère qui tend au respect et qui m’a tellement marquée. Il m’a offert un collier composé de Musc, ce dernier est toujours à ma fenêtre. Figure de rappel, chaque jour que j’ouvre mes rideaux, que des personnes se battent et vivent dans des conditions impossibles et que j’ai de la chance, moi européenne, d’avoir ces facilités de vies et de voyages.

L’un des convives nous invite à se joindre à lui pour assister à un mariage nubien. Malheureusement, il est déjà plus d’une heure du matin et il me faut encore préparer mon sac avant mon départ pour le temple d’Abu Simbel à peine deux heures plus tard. C’est le coeur triste que je me sépare de toutes ces personnes qui m’ont ouverts leur porte, leur coeur et avec qui j’ai partagé si peu et tant à la fois.

Felouque au coucher de soleil sur le Nil à Aswan
Felouque au coucher de soleil sur le Nil à Aswan

Le lendemain matin, la visite d’Abu Simbel a lieu – je vous en parlerai bientôt – et à mon retour, Nasser était là, sur les quais. Il attendait mon arrivée pour échanger quelques minutes une dernière fois. Un geste si simple et pourtant si grand. Un adieu comme il nous en arrive souvent sur les routes mais dont la rencontre vous restera gravée en mémoire.

Assouan, une de ces villes sans attente particulière où pourtant fût écrite l’une de mes plus belles histoires de rencontres.

Quelle a été votre impression lors de votre visite ?
Avez-vous l’intention d’y aller un jour ?
Quelle a été votre plus belle annecdote de rencontre sur les routes ?

Petite française - mais pas SI petite - expatriée depuis 2011. Après le Royaume-Uni chez les Gallois et l'Allemagne chez les Schwab, c'est au tour du Canada chez les Québécois. Passionnée de voyage, d'expatriation, de culture, de cuisine et du DIY, j'aime partager et discuter autour de ces thèmes.

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