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Il y a de ces rencontres, de ces visites qui vous font vibrer. Peu importe qu’elles soient courtes ou longues, c’est l’intensité qui va vous marquer. Berlin, ce fût un coup de cœur incroyable. En seulement 3 jours, je suis passée un nombre incalculable de fois du rire aux larmes, d’un sentiment d’oppression à un sentiment de renouveau.
Berlin, la seconde ville de ma vie où une fois dans l’avion, je savais déjà que nos chemins se retrouveraient.

Berlin, c’est la ville des excès, des extrêmes, du peu, du trop. Capitale pauvre d’un pays riche qui veut au plus vite renaître de ses cendres. La culture berlinoise et ses habitants en sont fortement impactés, ses lieux historiques perdant aussi en intensité. Pourtant, Berlin tu m’as touché comme jamais.

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Berlin sur le East Side Gallery

 

Berlin et les traces de son passé

Berlin, son mur, symbole des guerres passées, de sang et de larmes versés.
Alors que je longe les marques au sol, anciens vestiges du mur qui divisait le pays en deux, mes sentiments se confondent. Au fur et à mesure de mes lectures, les larmes me viennent. Les images de mes anciens cours d’histoire, les récits de mes amis ayant connu cette période, me reviennent à la mémoire. Je ne peux pourtant imaginer qu’un millième de ce que cela devait être pour ces habitants divisés.
Ces personnes qui en quelques minutes étaient séparées et perdaient leur vie, leur famille, leur liberté. De ces gardes, obligés de faire un service militaire pour quitter cette galère; et qui ont parfois dû tuer pour ne pas être eux-mêmes exécutés. En mémoire à ces personnes assassinées simplement pour vouloir retrouver leurs aimés. A ces personnes courageuses qui en ont aidé d’autres à s’évader au risque de mettre en danger leur propre vie.
Une solidarité dans le peuple, toujours présente de nos jours dans la ville.
Un Berlin réunifié, tentant d’avancer à l’unisson. Pas une chose facile quand on connait les différences économiques entre l’est et l’ouest de la ville. Pourtant Berlin se retrouve, les murs tombent, les larmes de joies coulent, un nouveau départ pour une ville, un pays, longtemps divisé.

S'il te plaît, ne sois pas en colère contre moi quand je ne suis pas là pour toi. Sur les vestiges du mur : "Aime-moi comme je t'aime, toujours et pour toujours..."
S’il te plaît, ne sois pas en colère contre moi quand je ne suis pas là pour toi.
Sur les vestiges du mur : « Aime-moi comme je t’aime, toujours et pour toujours… »

C’est arrivé, évitons que cela ne se reproduise

Alors que je marchais dans le Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe, mon cœur s’allégeait. Cette petite fille jouant à cache-cache avec son père derrière les blocs, riant aux éclats me fît alors sourire. Dans ce lieu de mémoire, les rires des enfants me donnent espoir. L’espoir pour que les prochaines générations prennent conscience des erreurs passées, apprennent à pardonner, à communiquer.
Puis mon arrivée à la porte de Brandebourg me rappelle les SS, le nazisme, ce discours d’Hitler engendrant la haine, la terreur.
Je connais l’histoire de ce lieu, ce qui s’y est passé; j’en attrape des frissons. L’homme est influençable, cette période de l’histoire ne peut le contredire. Et si cela devrait se reproduire, comment les personnes réagiraient-elles ?
Alors que je visite le dôme du Parlement, l’Allemagne a bien changée, laissant au peuple le droit. Le droit de vote, de parler, d’écouter, de se faire entendre. Le dôme construit majoritairement de verre se veut représentatif de la transparence de l’état envers le peuple. L’Allemagne apprend, et pourtant… Je vais éviter la politique mais je n’ai cessé de m’interroger sur certains points.
Berlin montre ce qui s’est passé, de nombreux écrits s’étendent dans différents lieux. Ce qui s’est passé, c’est malheureusement passé. Apprenons de nos erreurs et évitons que cela ne se reproduise.
De par ces différents lieux, je ne pense pas uniquement à Berlin, à l’Allemagne, à l’Europe, je pense à tous les pays, tous les continents. Violence, terreur, massacres, attentats, dictatures sont malheureusement toujours présents et une simple étincelle peut mettre le feu aux poudres très rapidement. J’ai espoir en l’humanité.

Parlement allemand
Parlement allemand

Berlin et la course à la modernisation

Les marques de la guerre sont toujours présentes. Pourtant, la ville tente de se renouveler afin de sortir de cette dette financière qu’il est difficile de rembourser. Une course aux euros, à la modernisation et à l’attirance d’expatriés. Tout cela malheureusement impacte les valeurs historiques de la ville, les Berlinois et leurs quartiers.
La ville est en constant changement. Un centre ville sous les échafaudages qui en offrent un nouveau décor; en mode chantier permanent. Il est vrai que Berlin a besoin d’une nouvelle économie. Pourtant, un équilibre est requis. Les bâtiments modernes et high-techs se dressent plus nombreux chaque jour, aux détriments des lieux historiques et traditionnels, représentatifs de la vie berlinoise. Ce développement architectural veut rendre la ville plus attractive aux étrangers, proposer de nouveaux logements. Mais ici, tout le monde sait que les berlinois ne pourront pas se payer de tels logements.
Les environs de l’East side gallery sont un exemple flagrant. Les hautes tours aux designs contradictoires s’érigent le long de la Spree, obligeant anciens bars de plage et petites communautés à se délocaliser. Le Yaam joue au jeu de la délocalisation depuis désormais près de 30 ans. Le centre culturel s’approche désormais dangereusement de la rive et du pont alors que les nouvelles tours l’y poussent toujours un peu plus. Qu’adviendra-t-il alors du dernier bar de plage de Berlin ?
Ces squats et lieux associatifs font partie de la culture berlinoise. Le quartier de Friedrichshain est un bon exemple sur le sujet. Quartier de vie la journée avec son skatepark et sa plateforme d’escalade, et de soirées incroyables la nuit avec le Suicide circus. A force d’extension de la ville, du changement de population, que vont devenir ces lieux décalés ?
Cet aspect de Berlin, c’est également une source d’économie pour la ville. Une des raisons pour lesquelles de nombreux jeunes visitent chaque année la capitale. Des lieux de décadence, loin du stress moderne, sans contraintes, où nombreux se déconnectent de la réalité le temps d’un weekend.

Réfugés bienvenue !
Réfugés bienvenue !

L’identité berlinoise

Cette perte d’identité, c’est ce que les berlinois veulent éviter. « Pauvres mais sexys », telle est la devise de ces habitants dont la solidarité et la ténacité amènent le respect. Un lien fort, créé par ces années de guerre et d’oppression, est toujours présent au sein des différents quartiers. Des rébellions intelligentes ont valu à plusieurs occasions de donner raisons aux habitants.
Le quartier de Kreuzburg – quartier de la musique, de l’art et des pubs – est plein d’anecdotes sur le sujet.
Entre les plaintes d’expatriés concernant le bruit, la fermeture d’une salle de concert (La SO36 – désormais l’une des salles les plus célèbre de la ville), la destruction de l’ancien hôpital Bethanien (désormais devenu un centre culturel, une association offrant des expositions et des cours sur tout ce qui touche à l’art). Il y a tellement d’autres cas existants.
Les berlinois parlent, agissent, se font entendre pour que la ville et les valeurs restent. Ils sont écoutés et de nombreux endroits sont sauvés. Pourtant est-ce-que ce sera toujours le cas ?

Glauben - Croire - Sur le mur du East Side Gallery
Glauben – Croire – Sur le mur du East Side Gallery

Les Berlinois s’expriment

La pauvreté à Berlin est très présente. Pas besoin d’aller très loin pour se rendre compte des quelques endroits proches du centre ville dont les locaux adorables vous paraîtrons parfois froids dans un premier temps. La peur du tourisme et des conséquences sur leur quartier en est une forte raison comme expliquée plus tôt. Et pourtant ils ont le cœur sur la main.
Je me souviens avoir lu et entendu plusieurs commentaires désignant Berlin comme une ville sale… Oh surprise et incompréhension surtout. Berlin n’est pas une ville sale. Peu de mégots, d’emballages et de détritus dans les rues. Parfois, certains endroits sentent l’urine. Rien de choquant, c’est également le cas à Paris…
Berlin c’est une ville de graffiti, de street art, dont la ville est le terrain de jeu, le terrain d’expression. Une importante partie de la ville en est recouverte. Pour certains, cela correspond à du laissé aller, un manque de propreté. Ce jugement est surtout dû à une méconnaissance de ce qui se cache derrière les graffitis et l’incompréhension.
Berlin, c’est la volonté de s’exprimer, de se faire entendre, de se faire respecter et de se faire reconnaître.
Dans les quartiers pauvres de la ville, les jeunes sans buts actuels tentent de briser les interdits. Les graffitis présents dans de nombreuses parties de la ville, sur les hauteurs des buildings montrent leur folie. Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fou, dans le but d’être découvert, d’être respecté dans une communauté. Pourtant cela n’est pas sans danger. Chaque année, quelques jeunes se retrouvent blessés ou meurent lors de tentatives d’exploits de la sorte.
En restant dans la ligne de métro U1, on peut faire certaines découvertes intéressantes. Les graffitis sont vus de loin, ils font leur effet, les auteurs ont réussi leur exploit.
Pourtant, l’art de rue est interdit à Berlin. Une équipe spécialisée existe afin de lutter contre ce vandalisme. A trente policiers contre près d’un millier de jeunes dans les rues chaque soir, vous devinez les résultats.

Graffiti concernant l'expression des jeunes berlinois
Graffiti concernant l’expression des jeunes berlinois

Berlin, une capitale décalée qui m’a fortement touchée, qui m’a fait m’interroger sur plusieurs points, qui m’a fait vibrer par son intensité et sa diversité.
Berlin, je t’ai visité, je t’ai aimé et je te retrouverai.

Quel fût votre sentiment lors de votre visite de Berlin ?

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