Loin de ceux qui nous sont chers

Loin de ceux qui nous sont chers

Il y a quelques temps, j’écrivais sur L’amitié tout en voyageant. Comment il était bon de retrouver ses amis et de voir que la distance n’entachait pas cette dernière. Mais s’expatrier n’est pas tous les jours faciles, et ce, peu importe la distance. Les moyens et le temps sont des facteurs qui restent importants.
Ces contraintes font que l’on rate de nombreuses choses dans la vie de nos proches. Résultat, cette année, j’ai raté la naissance du fils de mes amis Luc et Nat à Cardiff, les 6 ans de ma filleule… En août, je vais rater le mariage de ma belle sœur !
Pourtant, j’essaye toujours d’être présente à ma manière. Entre vidéos, messages, coup de fil, support…, je garde un point d’honneur à continuer de partager avec ceux qui me sont chers. Merci les réseaux sociaux qui facilitent la tâche ! Il est étonnant de se retrouver après quelques années comme si rien n’avait vraiment changé. Pas besoin de longues conversations toutes les semaines, ni de se sentir ‘obliger de’. J’ai beaucoup d’amis avec qui, un appel trois fois par an est suffisant, tout simplement parce que nous ne sommes pas des accrocs du téléphone. Mais lorsque l’on se retrouve, c’est toujours l’effusion !
Hier soir, c’est ce qui s’est passé lorsque je revoyais Jack, un ami de longue date, de passage sur Montréal. Nos vies ont évoluées mais le plaisir de se revoir était tellement intense, les idioties toujours présentes dans cette complicité entre deux tordus :).

Retrouvailles avec ce tordu de Jack en août 2015 !
Retrouvailles avec ce tordu de Jack en août 2015 alors que je revenais sur Cardiff.

Mais ce matin, je suis comme Alice, de l’autre côté du miroir. Je dois faire face à un événement douloureux. Pour la première fois, je suis confrontée au fait de ne pouvoir dire au revoir en face à face. Alors que j’écris ces lignes, je pleure. Je pleure pour elle, je pleure pour moi, car je prends conscience de cet aspect que je ne voulais m’avouer.
Après plusieurs mois de combat, la maladie l’a emportée, elle n’est plus. Je pleure cette femme, cette maman si forte qui, malgré son combat, était la plus positive et la plus souriante des personnes que j’ai eu la chance de rencontrer. Je pleure cette amie, cette complice de randonnées, avec qui ces heures de marches et de discussions n’étaient que pur bonheur.
Quand j’ai quitté Stuttgart, nous n’avons pas eu l’opportunité de nous dire au revoir, et désormais, je ne pourrais plus. La maladie jouait à cache-cache pour réapparaître de plus belle, plus virulente. Je n’ai pas pu être physiquement là pendant cette période difficile, je ne peux être là physiquement aujourd’hui, mais à ma manière, je fais le deuil. Mes pensées, ces mots et ces larmes vont vers elle et sa famille. À toi, ma chère Natasa R., qui restera ce merveilleux rayon de soleil que je rencontrais pour la première fois le 15 mai 2016 à Stuttgart.

Natasa et moi lors de notre première rencontre en randonnée à Blaubeuren
Natasa et moi lors de notre première rencontre en randonnée à Blaubeuren en mai 2016

L’expatriation, c’est aussi cela, et je voulais partager avec vous cette triste réalité. On ne vous en voudra pas de ne pas être là physiquement, mais soyez présent à votre manière, dans la vie de ceux qui vous sont chers. Car un jour, dire je t’aime ou au revoir ne vous sera plus possible, alors faites-le lorsque vous en avez envie, sans vous poser de questions, sans aucune hésitation.

Cet article, je le dédie à Natasa qui nous a quitté en ce 08 août 2018. Repose en paix.

Petite française - mais pas SI petite - expatriée depuis 2011. Après le Royaume-Uni chez les Gallois et l'Allemagne chez les Schwab, c'est au tour du Canada chez les Québécois. Passionnée de voyage, d'expatriation, de culture, de cuisine et du DIY, j'aime partager et discuter autour de ces thèmes.

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