Shirakawago – Découverte des alpes japonaises #2 – Saga Japon

Shirakawago - Alpes Japonaises - Trick Or Trip

Shirakawago, ce n’est pas une ville mais un ensemble de petits villages classés au patrimoine de l’Unesco, situés en plein cœur des Alpes Japonaises. Leurs particularités ? Ces nombreuses maisons traditionnelles aux toits de chaumes très pentus.
Shirakawago se visite uniquement en voiture ou en bus, pas de trains dans les environs. Pour toutes les informations pour planifier votre séjour, je vous invite à lire l’article : Shirakawago en bus – Itinéraires, prix et infos pratiques

Le Style Gassho

Le style Gassho est un style d’architecture typique, majoritairement présent dans les alpes japonaises.
Les Gassho sont de grandes maisons de près de 20 mètres de long et 10 mètres de large, construites sur plusieurs étages (souvent 4). Elles sont totalement en bois et leurs toits en chaumes pointus et très pentus les recouvrent presque de la tête au pied. Ce design et matériaux utilisés sur les toits permettent de supporter les fortes neiges hivernales de la région.
Le nom Gassho vient simplement de la forme des maisons : très pointue et triangulaire, qui fait penser à deux mains en prière : le Gassho.

Abritant anciennement des familles entières, ces maisons étaient chauffées par des feux situés au rez-de-chaussée et placés au centre de l’habitation pour éviter les incendies, tout en permettant de chauffer les différents étages.
Le dernier étage étant très étriqué, il servait souvent à cultiver les vers de soie.
La couche importante de chaume, qui est un très bon isolant, permet également de limiter la dispersion de la chaleur à l’extérieur.

Shirakawago

Dans un premier temps, quand on pense Shirakawago, on pense à ces petites maisons aux toits de chaumes au plein cœur de la vallée de Shokawa.
Mais Shirakawago, c’est en fait un ensemble de plusieurs villages : Ogimachi, Suganuma, Gokayama et Ainokura. Tous peuvent être visités en bus en utilisant la ligne Sekai-Isan, la Ligne du Patrimoine Mondial.
Même si le style architectural est très ressemblant, j’ai trouvé que chaque village avait sa spécificité.

Ogimachi – Le village d’architecture

Le village maladroitement appelé Shirakawago s’appelle en fait Ogimachi. C’est le village le plus connu, considéré le plus complet avec ses quelques 60 Gassho, et le plus facilement accessible en transport en commun. Par conséquent, c’est le village le plus visité. Attendez-vous à beaucoup de touristes en haute saison. Le centre du village est pris d’assaut relativement tôt par les bus de tours opérateurs et les visites guidées y sont majoritairement concentrées,  particulièrement pour Myozen-ji et son temple.
Même s’il y a quelques bus qui parcourent le village, Il est très facile de tout faire à pied, et de même se rendre au musée en plein air.

Le point d’observation de Shiroyama

Le point d’observation de Shiroyama, sur les ruines du château d’Ogimachi offre une vue imprenable sur le village depuis les hauteurs.
Vous pouvez vous y rendre avec une navette payante, marcher depuis le centre du village en suivant une route goudronnée, soit en montant à travers bois par un petit chemin sur la gauche de la gare routière.

Personnellement, je suis montée par la forêt. C’est un peu glissant et raide mais comme je n’aurai pas la possibilité de randonner dans ces montagnes, c’était nécessaire pour moi de me retrouver un peu dans la nature.
Pour la descente, j’ai utilisé le chemin goudronné qui offre quelques points de vue.

Minka-en, le musée à ciel ouvert

Situé à moins de 20 minutes de la gare routière, de l’autre côté du fleuve traversé par un pont de singe, Minka-en a été un petit coup de cœur.
Même si les bus touristiques s’arrêtent au pied de Minka-en, très peu de personnes visitent ce musée à ciel ouvert et se rendent directement au centre du village. Moi et un binôme allemand étions les seuls présents avec les quelques employés !
Ce musée regroupe une vingtaine de maisons et bâtiments de style Gassho, transférés ici pour les préserver. Il est possible de tous les visiter. Ils sont souvent aménagés ou documentés. On y trouve bien plus d’informations que dans les maisons du centre, désormais plus des restaurants ou hébergements de touristes.
L’ambiance y est plus agréable, plus relaxante et on peut y prendre son temps pour découvrir de plus près les détails de cette architecture.
Gassho-zukuri Minkaen (民家園) – Le musée de l’héritage
2499 Ogimachi, Ono-District, Gifu, 501-5627
600 JPY
Shirakawago-Minkaen

Gokayama – Le village au bord de l’eau & 
Suganuma – Le village dans les bois

Je me suis arrêtée au stop de Gokayama afin de déposer mon sac dans une consigne puisque d’ici, je vais pouvoir également me rendre à pied à Suganuma.
Depuis le stop sur les hauteurs, on peut apprécier la vue sur le fleuve et le village de Gokayama en contrebat. Pas de bus touristiques à l’horizon, les seuls touristes sont ceux qui étaient avec moi dans le bus et les personnes véhiculées.
Le petit village est encore calme, l’ambiance diffère vraiment de Ogimachi. Ici, pas de stress, pas de bousculade, pas de conversations survoltées.
Le village n’est pas très grand mais il y a comme toujours tellement de détails.

Un petit tunnel et 15 minutes plus tard et le village de Suganuma se dessine. Alors que Gokayama est à ciel ouvert, Suganuma se retrouve sous les arbres. La rivière longe les petites habitations, il n’y a personne, seul le bruit du vent et des animaux se fait entendre. La pluie arrive, les maisons Gassho encore humide s’assombrissent sous l’eau recouvrant les toits de chaume, elles me montrent une nouvelle personnalité.

En retournant vers Gokayama je décide de prendre l’ascenseur qui se trouve au milieu du tunnel. Ce dernier permet de rejoindre le parking situé le long de la route. La vue est, dans un premier temps, cachée par les arbres mais en rejoignant Gokayama par le trottoir longeant la route sur les hauteurs, la vue est juste magique !

Ainokura – Le village dans les terres

Alors qu’il y a des tours opérateurs qui permettent de visiter Gokayama certains jours, il n’y en a pas qui montent jusque Ainokura, tout simplement parce que le village n’est pas sur les axes principaux pour rejoindre les villes les plus importantes.
La seule autre personne à être descendue était japonaise. Alors que je montais la côte avec mon sac sur le dos, nous avons commencé à discuter entre gestes, sourires, quelques mots anglais et japonais. Nous avons effectué cette visite ensemble et comme je le dis souvent, les langues peuvent être des obstacles mais rien n’est infranchissable !
À Ainokura, il n’y a majoritairement que des locaux qui cultivent les nombreuses terres à flanc de montagne. Rizières, champs de thés, champs cultivés…, la diversité dans sa simplicité.
Pour les informations, munissez-vous d’un petit guide à l’entrée du village car presque tout est en japonais 🙂

Autre visite dans la région : Isawe

Sur la même ligne de bus, il est possible de s’arrêter à Nishiakao pour visiter la maison Isawe. Cette dernière est la plus grande maison de Style Gassho construite dans la période Edo et il est possible de la visiter seul ou de participer à une visite guidée de l’édifice.
Les bus n’étant pas très fréquent et ayant mon sac pour les visites, je ne me suis pas arrêtée. Je pense que les autres visites sont déjà très instructives concernant l’architecture, le mode de vie et la culture des vers de soie.

Visiter Shirakawago en une journée, c’est totalement possible. Je vous conseille tout de même de partir avec le premier bus de Takayama, ce qui vous permettra de ne pas arriver à des heures trop tardives dans les grandes villes voisines, tout en vous laissant le temps de découvrir ce sublime site sans vous presser, sans vous stresser !

Petite française - mais pas SI petite - expatriée depuis 2011. Après le Royaume-Uni chez les Gallois et l'Allemagne chez les Schwab, c'est au tour du Canada chez les Québécois. Passionnée de voyage, d'expatriation, de culture, de cuisine et du DIY, j'aime partager et discuter autour de ces thèmes.

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